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La Banque du Canada maintient son taux à 2,25 % alors que les risques liés à l'énergie et au commerce tirent dans des directions opposées.

La banque centrale du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 %, conciliant les perspectives de croissance et d’inflation — globalement conformes aux prévisions — avec l’incertitude croissante entourant l’énergie et...
Golden balance scale between an energy wave and trade containers inside a dark central-bank hall

La Banque du Canada a maintenu son taux cible du financement à un jour à 2,25 % le 2 septembre 2026. Le taux officiel d’escompte demeure à 2,5 % et le taux des dépôts à 2,20 %. Cette décision de statu quo s’accompagne d’explications démontrant que l’absence de changement peut néanmoins receler des informations importantes.

La Banque a indiqué que la croissance économique et l’inflation avaient évolué en grande partie conformément à ses prévisions de juillet. Parallèlement, elle a relevé une intensification des risques de hausse de l’inflation découlant du niveau élevé des prix de l’énergie et de nouvelles mesures commerciales entre le Canada et les États-Unis.

La situation en matière d'inflation comporte deux volets.

L’inflation globale des prix à la consommation s’est établie autour de 3 %, sous l’effet principalement du niveau élevé et persistant des prix de l’essence. Hors essence, la Banque a fait état d’une inflation de 2,2 % en juillet, tandis que les mesures de l’inflation sous-jacente sont restées proches de 2 %.

Cet écart est important. Un choc énergétique peut faire grimper rapidement l'indice global sans pour autant se répercuter immédiatement sur l'ensemble du panier de consommation. L'enjeu pour les décideurs est de savoir si la hausse des coûts de transport et de production commencera à influer sur le prix de nombreux autres biens et services ainsi que sur les décisions en matière de salaires.

La Banque a indiqué que, jusqu'à présent, peu d'éléments témoignaient d'une propagation généralisée. Elle a également averti que le risque s'accroît à mesure que se prolongent les prix élevés du pétrole et les marges de raffinage.

Les droits de douane compliquent le signal.

Les nouveaux droits de douane américains et les contre-mesures canadiennes peuvent entraîner une hausse des coûts pour les entreprises et les consommateurs. Parallèlement, l’incertitude commerciale risque de freiner l’investissement, les exportations et la croissance. Ces forces tirent la politique monétaire dans des directions opposées : la hausse des coûts peut accentuer les pressions inflationnistes, tandis que le ralentissement de l’activité peut réduire la demande.

Le gouverneur Tiff Macklem a déclaré que la politique monétaire ne peut ni compenser les droits de douane ni maîtriser les prix mondiaux de l'énergie. La mission plus ciblée de la banque centrale consiste à empêcher ces évolutions de déstabiliser les anticipations d'inflation et d'entraîner une inflation persistante.

C’est pourquoi une décision sur les taux ne saurait être interprétée comme le simple constat que les conditions sont favorables. Le Conseil des gouverneurs a jugé le taux de 2,25 % approprié compte tenu de l’équilibre actuel des risques, tout en se réservant explicitement la possibilité d’ajuster sa politique si les perspectives venaient à changer de manière significative.

Que regarder ensuite

Quatre signaux compteront avant la prochaine décision prévue le 28 octobre :

  1. La question de savoir si l'inflation alimentée par les prix de l'essence se propage à un éventail de prix plus large.
  2. Si l'inflation sous-jacente continue de se maintenir près de 2 %.
  3. Comment les droits de douane affectent les coûts des entreprises, les volumes d'échanges et la demande des consommateurs.
  4. La question de savoir si le rebond économique du Canada demeure durable.

Le prochain Rapport sur la politique monétaire de la Banque accompagnera la décision d’octobre et devrait présenter des prévisions plus complètes.

Le Mythic Mode perspective

La gestion de la politique monétaire semble souvent particulièrement ardue lorsque le choc échappe au contrôle de la banque centrale. Une hausse des taux ne permet ni de produire du pétrole ni de supprimer des droits de douane. Une baisse des taux ne peut pas davantage éliminer l’inflation engendrée par les perturbations des flux énergétiques et commerciaux.

Le maintien des taux en septembre relève donc d'une démarche de gestion des risques. Les décideurs distinguent le choc apparent de l'inflation globale de l'inflation sous-jacente, tout en surveillant si ce décalage perdure. Pour les ménages comme pour les entreprises, la leçon à retenir n'est pas de chercher à prédire avec certitude la prochaine décision, mais plutôt de repérer quelles pressions temporaires sont en train de devenir persistantes.

Cet article constitue une information économique générale et ne constitue pas un conseil en investissement, fiscal ou financier.

Sources officielles